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Lancement de l’euro numérique : quels changements ? (épisode 3)

, par Allan Malheiro

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Source Pixabay
Alors qu’il n’y avait aucun projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC) en 2016, ces projets se sont multipliés ces dernières années : bien qu’il y ait seulement 2 pays qui ont adopté des monnaies numériques (le Nigeria et les Bahamas), près de 93% des banques centrales envisagent maintenant de mettre en place ces monnaies numériques. La Banque centrale européenne (BCE) ne fait pas exception à la règle : promettant d’ancrer la monnaie dans cette nouvelle ère technologique, elle expérimente actuellement un projet d’euro numérique.

Les sources d’inspiration du projet

Les monnaies numériques ne sont pas un nouveau concept : elles existent depuis 2009, date de création du Bitcoin, la première cryptomonnaie. Elles se basent sur la blockchain : un système décentralisé de vérification de transactions. En résumé, au lieu d’une autorité centrale, plusieurs ordinateurs (appelés mineurs) sont mis en concurrence pour vérifier la conformité d’un ensemble de transactions (appelé un bloc) et l’ordinateur qui arrive à déchiffrer la transaction le premier gagne une récompense : cela permet ainsi d’assurer une vérification des transactions sans avoir besoin d’une autorité centrale. Depuis la création du Bitcoin, les cryptomonnaies se sont multipliés et on peut maintenant en distinguer 2 types : les cryptomonnaies « classiques » (comme le Bitcoin ou l’Ethereum) dont le cours varie fortement et les stablecoins (comme Tether ou l’USDC) qui ont pour but de toujours valoir 1$ (ou n’importe quelle monnaie de référence mais ils suivent en général le cours du dollar). Les stablecoins sont particulièrement appréciés dans l’univers des cryptomonnaies car ils permettent de convertir des gains en cryptomonnaies directement en stablecoin et non pas en dollar ou euro. Cela permet ainsi d’avoir moins de frais, de rester dans l’univers des cryptomonnaies et de garder un certain anonymat. Cependant, contrairement à la monnaie dont ils répliquent le cours, les stablecoins ne sont pas garantis par une banque centrale : ainsi, si la société fait faillite, le stablecoin s’effondre. C’est ce qui est arrivé par exemple avec le stablecoin Terra Classic USD (USTC) de Terra Luna à cause d’une erreur de leur algorithme : du 10 mai au 12 mai 2022, ce stablecoin censé rester à 1$ baisse brutalement à 0,08$, faisant perdre près de 18 milliards$ à ses détenteurs.

Qu’est ce qu’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) ?

Comprendre le fonctionnement des cryptomonnaies est très important pour comprendre les points communs et les différences entre les monnaies numériques des banques centrales et les stablecoins. Tout d’abord pour les points communs, les deux se basent sur la blockchain et sont évidemment virtuelles. Les différences sont bien plus nombreuses : les MNBC sont garanties par les banques centrales et donc un scénario comme celui du Terra Classic USD ne peut théoriquement pas se produire, elles ne sont donc pas décentralisées et ne garantissent pas l’anonymat mais, au contraire, peuvent augmenter les risques de non respect de la vie privée de ses utilisateurs.

Des MNBC qui se multiplient

Seuls le Nigeria (avec l’e-Naira) et les Bahamas (avec le dollar de sable bahaméen) ont déjà leurs MNBC mais de nombreux États s’intéressent également à ces monnaies. La tendance est même générale (à l’exception des PMA) car les pays, qu’ils soient émergents ou développés, réfléchissent à mettre en place une MNBC : ainsi, dans le G20, seule l’Argentine n’a pas de projet de MNBC. Si la majorité de ces pays ont un projet, les stades d’avancement sont cependant différents : les pays en développement et non-occidentaux sont en avance, principalement parce que les MNBC peuvent favoriser l’inclusion financière de leurs citoyens. La Chine teste ainsi un yuan numérique auprès de 260 millions de ses habitants et prévoit ensuite de l’étendre à tout le pays. Le Brésil et l’Inde réfléchissent également très sérieusement à ce projet tandis que la Russie, l’Australie et la Corée du Sud ont lancé quelques essais pilotes. Quant-aux États-Unis, ils réfléchissent également à la question mais n’ont pas encore mené d’expérimentations et n’ont pas de calendrier précis.

Un projet de MNBC pour l’Europe : l’euro numérique

En octobre 2021, la BCE avait commencé à réfléchir sur la pertinence d’adopter une monnaie numérique en lançant une phase d’« enquête ». 2 ans après ce lancement, elle a décidé de poursuivre les recherches en annonçant une phase « préparatoire » visant à faire des expérimentations concrètes, à élaborer les règles de fonctionnement et à sélectionner les prestataires pour mettre en place l’infrastructure de l’euro numérique. 2 projets sont étudiés dans ce cadre : une monnaie numérique interbancaire (qui servirait seulement aux transactions entre banques) et peut-être, à terme, une monnaie numérique de détail (qui servirait aux transactions entre particuliers). Si cette phase est concluante, des lois pourront être adoptées pour la mise en place de l’euro numérique et la décision finale d’adoption ou d’abandon de cette MNBC sera prise par le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale, qui réunit les 6 membres du directoire de la BCE et les 20 gouverneurs des banques centrales nationales. Si cette décision est prise, les Européens pourront alors s’attendre à avoir des euros numériques d’ici 2027-2028.

L’euro numérique : un projet débattu

Si l’horizon semble lointain, le projet d’euro numérique n’en est pas moins débattu par les avantages et inconvénients qu’il peut apporter au système européen. La monnaie interbancaire étant le projet le moins ambitieux, elle fait l’objet d’assez peu de critiques : elle pourrait ainsi permettre aux banques d’échanger de l’argent de manière plus rapide, moins chère et plus sécurisée. La monnaie numérique de détail, pour les transactions entre particuliers, fait face à beaucoup plus de débats. En plus des avantages classiques de la blockchain comme pour la monnaie numérique interbancaire (transactions plus rapides, moins chères et plus sécurisées), la création de cette monnaie aboutirait à la création d’un compte bancaire de la BCE pour les particuliers. Concrètement, au lieu de déposer ses économies dans son compte à la BNP Paribas, à la Deutsche Bank ou à Banco Santander, un Européen pourrait déposer ses euros dans un compte bancaire géré par la Banque centrale et le tout, si cette initiative est mise en place, sans frais. Cela pourrait réduire les dépenses des citoyens en frais bancaires, faciliter les paiements transfrontaliers qui ont des frais élevés voire prohibitifs (pour les remises par exemple) et favoriser l’inclusion financière dans la zone euro : près de 13 millions de citoyens européens n’ont pas de compte bancaire (ils ne sont pas tous dans la zone euro mais ce nombre reste tout de même important). En plus de cela, l’euro numérique pourrait permettre de limiter la dépendance européenne aux sociétés américaines de paiement (comme Visa ou Mastercard pour les cartes bancaires ou Paypal ou Stripe pour les portefeuilles électroniques) qui contrôlent la grande majorité du marché. Les banques commerciales craignent cependant que l’euro numérique ne remplace une partie de leurs activités, les privant d’une importante source de revenus. Le projet suscite également certaines inquiétudes sur la protection de la vie privée : contrairement aux cryptomonnaies, les transactions en euro numérique ne seront pas anonymes et certains s’inquiètent de la centralisation du système. Enfin, le FMI recommande aux banques centrales d’adopter des monnaies numériques écologiques : la blockchain en Proof of Work (mécanisme de la blockchain Bitcoin), qui met en concurrence des millions d’ordinateurs, est énergivore et donc polluante. En 2021, lors de son apogée, le Bitcoin a ainsi consommé plus d’énergie que la Norvège. Ces critiques ne sont pas insurmontables : par exemple, la BCE souhaite limiter à 3000€ le nombre d’euros numériques que l’on peut déposer sur un compte, un cadre législatif est également prévu pour garantir la vie privée des citoyens (l’euro numérique devrait même être plus anonyme que les transactions en euros faites avec sa banque mais moins anonyme que le cash) et elle pourrait adopter un autre type de blockchain que la blockchain Bitcoin comme la blockchain Ethereum par exemple qui est beaucoup moins énergivore. En tout cas, les expérimentations continuent en Europe comme ailleurs : nul doute que, dans une Europe de plus en plus digitalisée (où le paiement en espèce ne représente plus que 10% des transactions totales), les débats sur l’euro numérique prendront de plus en plus de place. Sources : Définition et application du fonctionnement de la blockchain : Définition et application du fonctionnement des stablecoins : ’int%C3%A9r%C3%AAt%20du%20stablecoin%2C%20c,les%20100%20milliards%20de%20dollars. Cours du Terra USD : Explication des différences entre les monnaies numériques et les cryptomonnaies : Développement des monnaies numériques des banques centrales dans le monde : Définition et explication de l’euro numérique : Description de l’euro numérique (EN) : Nombre de personnes non bancarisées dans l’UE : Monnaies numériques et écologie : Consommation d’électricité du bitcoin (EN) :
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